Le menu de la semaine ne se fait pas le dimanche soir
Planifier ses repas échoue presque toujours pour la même raison : on planifie des envies, pas des soirées. Voici comment je m'y prends autrement.
J'ai abandonné trois ou quatre fois la planification des repas avant de comprendre ce qui n'allait pas. Ce n'était pas le principe — c'était que je construisais mes menus en pensant à ce que j'avais envie de manger, sans jamais penser à l'état dans lequel je serais ce soir-là.
Partir des soirées, pas des plats
Une semaine n'est pas homogène. Il y a des soirs où l'on rentre tôt, des soirs où l'on rentre tard, des soirs où quelqu'un a une activité et où l'on mange en décalé. Un menu qui ignore ça est un menu qu'on abandonne le mardi.
Je commence donc par écrire la semaine côté contraintes : à quelle heure on peut commencer à cuisiner, combien on est, qui est là. Les plats viennent après, et ils se choisissent pour tenir dans la case.
Un plat de trente minutes un soir où l'on rentre à vingt heures n'est pas un plat de trente minutes. C'est un plat qu'on ne fera pas.
Trois catégories, et c'est tout
- Les soirs longs : on a du temps, on peut cuisiner quelque chose qui mijote ou qui demande de l'attention. Il y en a un ou deux par semaine, rarement plus.
- Les soirs courts : vingt minutes montre en main, ce qui exclut à peu près tout ce qui demande une cuisson longue. C'est la majorité des soirs.
- Les soirs zéro : on ne cuisine pas. Restes, plat préparé la veille, ou quelque chose de très simple assumé comme tel.
Prévoir les soirs zéro est le point qui a le plus changé les choses. Ils existaient déjà — je ne les avais simplement jamais inscrits, donc ils apparaissaient comme des échecs du plan.
Le plat qui travaille deux fois
Sur un soir long, je cuisine systématiquement une quantité qui couvre un second repas. Pas les mêmes assiettes le lendemain — une base qui se transforme : une viande mijotée devient une garniture, un légume rôti devient une salade tiède, un fond de sauce devient autre chose.
C'est ce qui alimente les soirs zéro sans que ce soit du réchauffé pur, et ça ne demande aucun travail supplémentaire au moment où on le fait.
Ce que je n'écris plus
Des menus à sept plats différents. Ça ne tient pas, ça produit des courses trop longues et des restes qu'on jette. Quatre plats sur une semaine, dont deux qui servent deux fois, c'est ce qui a fini par fonctionner chez moi — et c'est nettement moins photogénique qu'un tableau bien rempli.